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Test de Turing

Test de Turing

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Un test de Turing est une méthode d’investigation en intelligence artificielle (IA) pour déterminer si un ordinateur est capable de penser comme un être humain. Le test porte le nom d’Alan Turing, fondateur du Turing Test et informaticien, cryptanalyste, mathématicien et biologiste théorique anglais.

Turing a proposé qu’on puisse dire qu’un ordinateur possède une intelligence artificielle s’il peut imiter les réponses humaines dans des conditions spécifiques. Le test de Turing original nécessite trois terminaux, chacun d’entre eux étant physiquement séparé des deux autres. Un terminal est commandé par un ordinateur, tandis que les deux autres sont commandés par des humains.

Pendant le test, l’un des humains fait office d’interrogateur, tandis que le deuxième humain et l’ordinateur font office de répondants. L’interrogateur interroge les répondants dans un domaine spécifique, en utilisant un format et un contexte précis. Après une durée ou un nombre de questions prédéfini, l’interrogateur est ensuite invité à décider quel est le répondant humain et quel est l’ordinateur.

Le test est répété plusieurs fois. Si l’interrogateur fait la bonne détermination dans la moitié des tests ou moins, l’ordinateur est considéré comme ayant une intelligence artificielle car l’interrogateur le considère comme « tout aussi humain » que le répondant humain.

 

Historique du test de Turing

Le test porte le nom d’Alan Turing, pionnier de l’apprentissage machine dans les années 1940 et 1950. Turing a introduit le test dans son article de 1950 intitulé « Computing Machinery and Intelligence » alors qu’il était à l’université de Manchester.

Dans son article, Turing proposait une variante de ce que l’on appelle « le jeu de l’imitation ». Le jeu d’imitation n’implique pas l’utilisation de l’IA, mais plutôt trois participants humains dans trois salles distinctes. Chaque salle est reliée par un écran et un clavier, l’une contenant un homme, l’autre une femme, et l’autre contenant un juge homme ou femme. La femme essaie de convaincre le juge qu’elle est l’homme, et le juge essaie de diffuser qui est qui.

Turing modifie le concept de ce jeu pour y inclure une IA, un humain et un interrogateur humain. Le travail de l’interrogateur est alors de décider lequel est l’IA et lequel est l’humain. A la formation du test, beaucoup d’IA ont pu passer ; l’une des premières est un programme créé par Joseph Weizenbaum appelé ELIZA.

 

Limites du test de Turing

Le test de Turing a été critiqué au fil des ans, en particulier parce qu’historiquement, la nature des interrogatoires devait être limitée pour qu’un ordinateur puisse faire preuve d’une intelligence de type humain. Pendant de nombreuses années, un ordinateur ne pouvait obtenir un score élevé que si l’interrogateur formulait les questions, c’est-à-dire si elles avaient des réponses « Oui » ou « Non » ou se rapportaient à un domaine de connaissance étroit. Lorsque les questions étaient ouvertes et nécessitaient des réponses conversationnelles, il était moins probable que le programme informatique puisse tromper l’interrogateur avec succès.

En outre, un programme tel qu’ELIZA pouvait réussir le test de Turing en manipulant des symboles qu’il ne comprenait pas entièrement. John Searle a fait valoir que cela ne détermine pas une intelligence comparable à celle des humains.

Pour de nombreux chercheurs, la question de savoir si un ordinateur peut ou non passer le test de Turing est devenue sans objet. Au lieu de se concentrer sur la façon de convaincre une personne qu’elle parle avec un humain et non avec un programme informatique, il faudrait plutôt se concentrer sur la façon de rendre l’interaction homme-machine plus intuitive et plus efficace. Par exemple, en utilisant une interface conversationnelle.

 

Variantes et alternatives au test de Turing

Le test de Turing a été modifié à plusieurs reprises pour le rendre plus pertinent. En voici quelques exemples :

Le test de Turing inversé – lorsqu’un humain tente de convaincre un ordinateur qu’il n’est pas un ordinateur. Un exemple est le CAPTCHA.
Le test de Turing total – où l’interrogateur peut également tester ses capacités perceptives ainsi que sa capacité à manipuler des objets.
Test de signal intelligent minimum – dans lequel seules les questions vraies/fausses et oui/non sont données.
Des alternatives aux tests de Turing ont été développées par la suite car beaucoup considèrent que le test de Turing est imparfait. Ces alternatives comprennent des tests tels que :

Le test de Marcus – dans lequel un programme qui peut « regarder » une émission de télévision, est testé en se voyant poser des questions pertinentes sur le contenu de l’émission.
Le Lovelace Test 2.0 – qui est un test conçu pour détecter l’IA en examinant sa capacité à créer de l’art.
Winograd Schema Challenge – Test qui consiste à poser des questions à choix multiples dans un format spécifique.

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