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« L’Intelligence Artificielle prend le pouvoir ». La formule d’un porte parole d’Oracle France résume parfaitement l’esprit des très nombreuses annonces produits faites cette semaine lors du Modern Business Experience de Las Vegas.

Oracle a en effet mis des (gros) bouts d’AI dans pratiquement toutes ses solutions SaaS.

Dans l’ERP

Dans son ERP cloud, Oracle a par exemple amélioré l’assistant de notes de frais – un bot dévoilé à l’OpenWorld 2018 mais qui a été mis à jour.

« Il simplifie le traitement en créant, classant et appariant automatiquement les types de dépenses. Les utilisateurs peuvent interagir avec l’assistant via une interface vocale, ou simplement en envoyant à ce dernier des images de reçus par e-mail, SMS, Slack ou Microsoft Teams. L’assistant utilise le Machine Learning pour améliorer la classification automatique des types de dépenses, surveiller les violations de politiques et réduire les risques d’audits », explique l’éditeur.

Dans le contrôle financier, une analyse continue des transactions, des paramétrages et des configurations, automatise les audits et aide à prévenir les fuites financières. « Des algorithmes examinent les changements de configuration et les transactions critiques par rapport à une bibliothèque de règles éprouvées pour repérer les correspondances suspectes, détecter des anomalies, etc. Cette approche utilise des techniques de Data Science pour permettre de diriger les incidents vers les analystes à des fins de suivi, d’enquête et de clôture », vante Oracle.

Dans la brique Supply Chain, l’IA (via le rachat de DataFox) enrichit, catégorise et score les profils des fournisseurs avec des données validées issues de sources diverses actualisées en quasi temps réel (articles de presse, communiqués, communications financières officielles, etc.).

La planification de projet bénéficie également à présent d’un assistant à base d’AI. Ce bot fournit des mises à jour instantanées de l’état du projet et permet aux utilisateurs d’actualiser le temps et la progression des tâches. « Cet assistant apprend à partir des saisies de temps passées, des données de planification de projet et du contexte général pour adapter les interactions et capturer intelligemment les informations critiques du projet ».

La sécurité n’est pas en reste puisque l’ERP utilise l’analyse graphique pour évaluer les violations cachées dans des configurations de sécurité complexes, récursives et dynamiques grâce à l’IA.

Dans Oracle SCM Cloud

Dans son outil spécialement dédié à la chaine d’approvisionnement (Oracle SCM), Oracle a là encore infusé une bonne dose d’Intelligence Artificielle avec l’arrivée de deux nouveautés.

La première, Oracle Service Logistics Cloud, automatise la connexion entre les équipes du service clients et les équipes d’intervention sur le terrain. « Cette connexion permet au service clients de commander les pièces directement depuis une demande d’intervention, de coordonner leur livraison rapide au bon endroit et au bon moment », précise Oracle.Project-Driven Supply Chain Cloud pour sa part est une fonctionnalité qui automatise le suivi des attributs des projets et des coûts associés dès le bon de commande initial pour améliorer la précision et la rapidité de facturation de l’exécution des projets.

Dans le SIRH

Pas assez d’AI pour vous ? Qu’à cela ne tienne. En rab, Oracle en a aussi mis une bonne dose dans son HCM avec un nouveau bot. Les assistants adossés à Oracle HCM Cloud sont évidemment utilisables en libre-service que ce soit par SMS, par la voix ou via IM sur mobiles ou sur le bureau. « Les utilisateurs peuvent obtenir des réponses aux questions RH les plus courantes qui peuvent être posées de milliers de façons différentes, qu’il s’agisse des congés disponibles, des prestations sociales, de l’explication de la fiche de paye, de l’intégration d’un nouveau collaborateur ou encore des évaluations de performance ».

Le SIRH en mode SaaS intègre par ailleurs de nouvelles capacités de planification du personnel à base de Machine Learning qui analysent les disponibilités et la demande par catégories clés (personne, poste, compétences), pour constituer des équipes de manière plus optimales, « proactive et data driven ».

Dans le CRM

La gamme CX n’échappe pas à ce bouillon d’AI, avec deux annonces CRM.

La planification des ventes (Sales Planning Solution) va utiliser l’analyse prédictive pour planifier plus intelligemment les opérations commerciales et, espère Oracle, « augmenter la génération de revenus pour les équipes de vente ».

La deuxième annonce concerne une fonctionnalité baptisée « Smart Data ». Cette fonctionnalité vise à accélérer la création de comptes en enrichissant, validant et standardisant les informations de l’entreprise prospect lors de leur saisie.

DataFox

Cerise sur le gâteau pour terminer ce menu très Intelligence Artificielle servi par Oracle à Las Vegas, l’éditeur a souligné l’intérêt du rachat de DataFox en présentant trois intégrations.

La première est celle décrite plus haut dans l’ERP (scoring des fournisseurs).

La deuxième est une intégration de ces flux de données dans CX Cloud (en plus de Smart Data). « Les données et les signaux dynamiques et contextuels fournis par DataFox aident les commerciaux à élargir leur marché adressable en identifiant les prospects qui ne se trouvent pas dans leurs systèmes actuels à l’aide des critères Ideal Customer Profile (ICP) ».

Enfin, DataFox nourrit également Eloqua (Oracle Marketing Cloud) pour fournir aux spécialistes du marketing « une connaissance inédite du firmographe (NDR : ou firmographics, éléments clef de description d’une société comme la taille, sa localisation, son domaine, etc.) et du comportement des comptes ».

IA pré-cuisinée ou IA fait-maison : il faut choisir

A l’OpenWorld 2018, et dans la foulée du Machine Learning appliqué à la base de données (Autonomous Database), Larry Ellison avait promis l’arrivée massive de l’IA dans le SaaS d’Oracle.

L’éditeur semble tenir parole.

Il est toujours possible – nous a confirmé Oracle France – de ne pas utiliser ces fonctions « intelligentes » intégrées et de choisir d’appliquer directement une autre IA (Watson par exemple) ou des algorithmes maisons à la base de données qui sous-tend l’application. Ce n’est pas ce que recommande Oracle mais, sur le papier en tout cas, cela reste possible pour garder la main sur son patrimoine algorithmique.

Mais la facilité d’une simple activation dans le SaaS – et Oracle dira la puissance de sa R&D et de l’expérience de ses nombreux clients – fait que cette option du développé maison, aussi séduisante soit-elle d’un point de vue stratégique, devient de moins en moins attirante d’un point de vue pratique.

Le débat sur la portabilité de l’apprentissage des algorithmes, du client captif dans le Machine Learning, du fait maison ou de l’externalisé, devient en tout cas de plus en plus cornélien pour les entreprises clientes.

L’Autriche a eu les honneurs de l’évènement européen de Workday. Le spécialiste du HCM et de la planification en a profité pour annoncer avoir doublé le nombre de ses clients (500) sur un an au sein de la zone Europe et Asie-Pacifique plus le Japon (sans pour autant donner une répartition par zone). La firme revendique, sur le sol européen, 1 600 salariés et entend bien conquérir de nouveaux clients notamment des ETI (entreprises de taille intermédiaire), confie le CEO Aneel Bushri. Dans cette stratégie de conquête, l’innovation est souvent un élément important et Workday investi fortement dans la R&D pour apporter les dernières technologies à ses clients.

Il y a bien sûr le cloud avec la capacité pour les clients de Workday de déployer les solutions de gestion financière et de HCM sur les infrastructures AWS. Ce projet a été initié en 2016 (avec des tests au Canada) et il est effectif en cette fin d’année aux Etats-Unis. Cette option sera prochainement disponible en Europe, en Allemagne dans un premier temps (au premier semestre 2019), « sous l’influence du RGPD et les exigences en matière de localisation des données », admet le Aneel Bushri.

De l’IA par infusion

Mais la star des innovations n’est plus le cloud, c’est l’intelligence artificielle. Le nouveau mantra des éditeurs de logiciel est d’intégrer les apports du machine learning et du deep learning au sein de leurs solutions. « Il s’agit d’une machine à prédiction et les technologies doivent être intégrées au sein des solutions », constate Leighanne Levensaler, vice-présidente en charge de la stratégie chez Workday. Les différentes branches de l’éditeur héritent donc de l’expertise de la firme dans l’analytique, mais aussi des différentes acquisitions comme Platfora, le cœur de la plateforme Prism, ou Stories, RallyTeam, SkipFlag.

Tour à tour les responsables de chaque division ou entité de Workday se sont succédé sur scène pour expliquer l’impact du machine learning. Ainsi, Tom Bogan, CEO d’Adaptive Insight (outil de planification budgétaire racheté en juin dernier pour 1,5 milliard de dollars), souligne que « l’intelligence artificielle va impacter le domaine de la planification budgétaire pour les 5 à 10 prochaines années, avec une plus grande automatisation, l’intégration de la gestion du risque, etc. ». En matière de ressources humaines, Workday a lancé récemment un service baptisé Skill Cloud, basé sur de l’apprentissage automatique, pour détecter les meilleures compétences pour une tâche, aider les collaborateurs à améliorer leur profil ou les orienter sur des formations pour une évolution de carrière. Dans le domaine de la gestion financière, le machine learning va servir à faciliter la détection d’anomalies dans les transactions ou la création de rapports mensuels. Workday travaille aussi sur un service « Accouting Center », qui regroupera dans un point unique des règles comptables au sein des entreprises en s’appuyant là aussi sur de l’apprentissage automatique.

Des clients prêts à tester

Et les clients sont-ils sensibles à l’intégration de l’IA au sein des produits Workday ? Dans les ressources humaines, l’intérêt pour les bots est réel. Chez la SSII Umanis, qui va déployer la solution HCM de Workday, on regarde la mise en place d’un chatbot à destination des collaborateurs pour être « un support dans la gestion du changement sur les nouveaux outils et servir de « lab interne » sur ce sujet », souligne François Bouchery, program manager. L’ESN souhaite travailler avec Workday pour être un « early adopter » en la matière. Elle regarde plus globalement l’IA pour aider à la mobilité interne « en détectant les bonnes compétences et les bonnes personnes correspondantes aux opportunités de carrière », poursuit le responsable.

Pour d’autres clients, la question de l’IA repose sur la maturité d’intégration des solution Workday. « L’IA va nous servir à mieux comprendre notre business et ses évolutions », explique Emma Castledine, responsable du reporting et gestion des risques chez Gym Group, une chaîne anglaise de salles de sport. L’automatisation des tâches, obtenir et visualiser les meilleures informations pertinentes pour des tableaux de bord, sont d’autres bénéfices de l’IA attendus par les entreprises.