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Le CTO d’Oracle Larry Ellison a fait la présentation de la base de données autonome de l’entreprise l’année dernière, à l’Oracle Open World. L’entreprise a ensuite lancé un entrepôt de données autonome. Aujourd’hui, elle a annoncé la prochaine étape avec le lancement du service Oracle Autonomous Transaction Processing.

Oracle lance un nouvel outil aux fonctionnalités automatisées

Cet outil de base de données autonome promet le même niveau d’autonomie que les précédents : réparations automatiques, mises à jour et correctifs de sécurité automatisés et pas plus de quelques minutes d’interruption pour maintenance par mois. Juan Loaiza, SVP de Oracle Systems, affirme que le service ATP Cloud est une extension modernisée des bases de données de traitement des transactions en ligne (OLTP) qu’ils ont créées depuis des décennies. Il précise que ce nouvel outil repose sur le machine learning et l’automatisation, mais il devrait être familier aux clients.

Loaiza a déclaré : « La plupart des grandes entreprises dans le monde utilisent aujourd’hui des milliers de bases de données Oracle. Ainsi, une des différences les plus évidentes pour nous est que vous pouvez récupérer la base de données que vous possédez depuis de nombreuses années sur site, et facilement la transférer vers une base de données autonome dans le Cloud ».

Il ajoute que les entreprises qui exploitent déjà des bases de données OLTP sont notamment des compagnies aériennes, de grandes banques, des sociétés de services financiers, des détaillants en ligne et d’autres grandes entreprises qui ne peuvent se permettre ne serait-ce qu’une demi-heure par mois de suspension de services. Il affirme qu’avec la base de données autonome d’Oracle, le temps d’arrêt maximal est de 2,5 minutes par mois et que l’objectif est de réduire considérablement ce nombre.

Oracle doit se positionner rapidement dans la Cloud

Carl Olofson, un analyste d’IDC qui gère la pratique de gestion de base de données d’IDC, affirme que le produit promet des coûts opérationnels beaucoup plus bas et pourrait donner à Oracle un avantage sur le marché du Database as a Service. Il a déclaré : « Ce qu’Oracle offre de plus remarquable ici, c’est le fait que les correctifs sont appliqués sans aucune perturbation opérationnelle et que la base de données est auto-réglable et, dans une certaine mesure, auto-réparable. Étant donné la nature très diverse des problèmes qui peuvent survenir sur la base de données OLTP, c’est un véritable atout ».

Adam Ronthal, analyste chez Gartner se concentrant sur le marché des bases de données, affirme que l’ensemble des produits de base de données autonomes jouera un rôle important dans l’avancée d’Oracle dans le Cloud. Il a précisé : « Ces annonces concernent plus le Cloud que les bases de données. Elles avertissent qu’Oracle offre au monde entier des produits pensés et conçus pour le Cloud : capacité d’évolution, souplesse et une faible empreinte opérationnelle sont leurs caractéristiques essentielles. Ils sont derrière AWS, Azure et même GCP dans l’étendue de leurs offres. L’ATP aide à combler cette lacune, du moins dans le domaine de la gestion des données ».

Oracle a certainement besoin d’une conquête dans le Cloud car son dernier rapport de bénéfices était mauvais au point de cesser de publier les chiffres concernés dans le rapport de juin.

Ronthal dit qu’Oracle a besoin de gagner rapidement du terrain auprès de ses clients existants s’il veut réussir sur ce marché. Il a développé : « Oracle a besoin de connaître un succès rapide avec son nouveau produit, et il le trouvera auprès de ses propres clients qui sont déjà stratégiquement engagés dans les bases de données Oracle et qui ne sont pas intéressés par changer de prestataire. Il ne s’agit pas de l’ensemble de la clientèle, bien sûr. Une fois qu’ils auront fait leurs preuves, ils seront en mesure d’élargir leur clientèle et d’en acquérir une nouvelle ».

« L’Intelligence Artificielle prend le pouvoir ». La formule d’un porte parole d’Oracle France résume parfaitement l’esprit des très nombreuses annonces produits faites cette semaine lors du Modern Business Experience de Las Vegas.

Oracle a en effet mis des (gros) bouts d’AI dans pratiquement toutes ses solutions SaaS.

Dans l’ERP

Dans son ERP cloud, Oracle a par exemple amélioré l’assistant de notes de frais – un bot dévoilé à l’OpenWorld 2018 mais qui a été mis à jour.

« Il simplifie le traitement en créant, classant et appariant automatiquement les types de dépenses. Les utilisateurs peuvent interagir avec l’assistant via une interface vocale, ou simplement en envoyant à ce dernier des images de reçus par e-mail, SMS, Slack ou Microsoft Teams. L’assistant utilise le Machine Learning pour améliorer la classification automatique des types de dépenses, surveiller les violations de politiques et réduire les risques d’audits », explique l’éditeur.

Dans le contrôle financier, une analyse continue des transactions, des paramétrages et des configurations, automatise les audits et aide à prévenir les fuites financières. « Des algorithmes examinent les changements de configuration et les transactions critiques par rapport à une bibliothèque de règles éprouvées pour repérer les correspondances suspectes, détecter des anomalies, etc. Cette approche utilise des techniques de Data Science pour permettre de diriger les incidents vers les analystes à des fins de suivi, d’enquête et de clôture », vante Oracle.

Dans la brique Supply Chain, l’IA (via le rachat de DataFox) enrichit, catégorise et score les profils des fournisseurs avec des données validées issues de sources diverses actualisées en quasi temps réel (articles de presse, communiqués, communications financières officielles, etc.).

La planification de projet bénéficie également à présent d’un assistant à base d’AI. Ce bot fournit des mises à jour instantanées de l’état du projet et permet aux utilisateurs d’actualiser le temps et la progression des tâches. « Cet assistant apprend à partir des saisies de temps passées, des données de planification de projet et du contexte général pour adapter les interactions et capturer intelligemment les informations critiques du projet ».

La sécurité n’est pas en reste puisque l’ERP utilise l’analyse graphique pour évaluer les violations cachées dans des configurations de sécurité complexes, récursives et dynamiques grâce à l’IA.

Dans Oracle SCM Cloud

Dans son outil spécialement dédié à la chaine d’approvisionnement (Oracle SCM), Oracle a là encore infusé une bonne dose d’Intelligence Artificielle avec l’arrivée de deux nouveautés.

La première, Oracle Service Logistics Cloud, automatise la connexion entre les équipes du service clients et les équipes d’intervention sur le terrain. « Cette connexion permet au service clients de commander les pièces directement depuis une demande d’intervention, de coordonner leur livraison rapide au bon endroit et au bon moment », précise Oracle.Project-Driven Supply Chain Cloud pour sa part est une fonctionnalité qui automatise le suivi des attributs des projets et des coûts associés dès le bon de commande initial pour améliorer la précision et la rapidité de facturation de l’exécution des projets.

Dans le SIRH

Pas assez d’AI pour vous ? Qu’à cela ne tienne. En rab, Oracle en a aussi mis une bonne dose dans son HCM avec un nouveau bot. Les assistants adossés à Oracle HCM Cloud sont évidemment utilisables en libre-service que ce soit par SMS, par la voix ou via IM sur mobiles ou sur le bureau. « Les utilisateurs peuvent obtenir des réponses aux questions RH les plus courantes qui peuvent être posées de milliers de façons différentes, qu’il s’agisse des congés disponibles, des prestations sociales, de l’explication de la fiche de paye, de l’intégration d’un nouveau collaborateur ou encore des évaluations de performance ».

Le SIRH en mode SaaS intègre par ailleurs de nouvelles capacités de planification du personnel à base de Machine Learning qui analysent les disponibilités et la demande par catégories clés (personne, poste, compétences), pour constituer des équipes de manière plus optimales, « proactive et data driven ».

Dans le CRM

La gamme CX n’échappe pas à ce bouillon d’AI, avec deux annonces CRM.

La planification des ventes (Sales Planning Solution) va utiliser l’analyse prédictive pour planifier plus intelligemment les opérations commerciales et, espère Oracle, « augmenter la génération de revenus pour les équipes de vente ».

La deuxième annonce concerne une fonctionnalité baptisée « Smart Data ». Cette fonctionnalité vise à accélérer la création de comptes en enrichissant, validant et standardisant les informations de l’entreprise prospect lors de leur saisie.

DataFox

Cerise sur le gâteau pour terminer ce menu très Intelligence Artificielle servi par Oracle à Las Vegas, l’éditeur a souligné l’intérêt du rachat de DataFox en présentant trois intégrations.

La première est celle décrite plus haut dans l’ERP (scoring des fournisseurs).

La deuxième est une intégration de ces flux de données dans CX Cloud (en plus de Smart Data). « Les données et les signaux dynamiques et contextuels fournis par DataFox aident les commerciaux à élargir leur marché adressable en identifiant les prospects qui ne se trouvent pas dans leurs systèmes actuels à l’aide des critères Ideal Customer Profile (ICP) ».

Enfin, DataFox nourrit également Eloqua (Oracle Marketing Cloud) pour fournir aux spécialistes du marketing « une connaissance inédite du firmographe (NDR : ou firmographics, éléments clef de description d’une société comme la taille, sa localisation, son domaine, etc.) et du comportement des comptes ».

IA pré-cuisinée ou IA fait-maison : il faut choisir

A l’OpenWorld 2018, et dans la foulée du Machine Learning appliqué à la base de données (Autonomous Database), Larry Ellison avait promis l’arrivée massive de l’IA dans le SaaS d’Oracle.

L’éditeur semble tenir parole.

Il est toujours possible – nous a confirmé Oracle France – de ne pas utiliser ces fonctions « intelligentes » intégrées et de choisir d’appliquer directement une autre IA (Watson par exemple) ou des algorithmes maisons à la base de données qui sous-tend l’application. Ce n’est pas ce que recommande Oracle mais, sur le papier en tout cas, cela reste possible pour garder la main sur son patrimoine algorithmique.

Mais la facilité d’une simple activation dans le SaaS – et Oracle dira la puissance de sa R&D et de l’expérience de ses nombreux clients – fait que cette option du développé maison, aussi séduisante soit-elle d’un point de vue stratégique, devient de moins en moins attirante d’un point de vue pratique.

Le débat sur la portabilité de l’apprentissage des algorithmes, du client captif dans le Machine Learning, du fait maison ou de l’externalisé, devient en tout cas de plus en plus cornélien pour les entreprises clientes.