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Les experts s’attendent en effet à ce que Google présente mardi une version améliorée de la plateforme de jeu utilisant la technologie du « nuage » informatique qu’il a testée récemment en partenariat avec l’éditeur de jeux vidéo français Ubisoft.

Un clip-vidéo évoquant une présentation lors d’une conférence annuelle des développeurs de jeux vidéos à San Francisco invite le public à se « rassembler pour que nous dévoilions la vision de Google pour l’avenir du jeu ».

Succession de scènes semblant sortir de jeux vidéos, cette bande-annonce ne divulgue rien de cet événement qui doit être diffusé en direct sur YouTube.

Google et Ubisoft ont utilisé la franchise à succès « Assassin’s Creed » pour tester la technologie baptisée Project Stream, censée proposer la même qualité de jeu que les consoles, mais avec un service en ligne.

Quelques heureux élus aux Etats-Unis ont ainsi pu jouer à « Assassin’s Creed Odyssey » (Ubisoft) en streaming avec le moteur de recherche Chrome (Google) sur un ordinateur de bureau ou portable.

La récente découverte d’un brevet déposé par Google pour une manette de jeu laisse même envisager que le géant américain pourrait aller plus loin, en lançant sa propre console pour accompagner son service de streaming.

« xCloud » à l’horizon

Après la télévision et la musique, c’est donc au tour du jeu vidéo d’exploiter les opportunités offertes par la technologie du « cloud » et d’offrir des services de streaming aussi faciles d’accès que Netflix et Spotify.

La puissance de calcul des centres de gestion des données et des appareils (télévisions, smartphones) s’est accrue fortement, et la technologie du streaming a progressé, fournissant les outils pour que les jeux les plus populaires puissent s’extirper des consoles et des ordinateurs.

Google, dont le service de vidéo YouTube dispose d’une plateforme eSports retransmettant des compétitions de jeux vidéos, va ainsi faire son entrée dans un secteur où s’affrontent déjà des mastodontes comme Sony et Microsoft.

Satya Nadella, patron de Microsoft, a fait savoir fin 2018 que le service de streaming pour jeux vidéos « xCloud » se trouvait dans une « phase initiale ».

Les consoles Xbox et l’activité des jeux vidéos sont un filon juteux pour le géant de Redmond (nord-ouest) qui tente de s’adapter aux nouveaux modes de vie. Car désormais, un logiciel est abrité dans un service de streaming sur lequel les utilisateurs se connectent avec leurs appareils de prédilection.

Autre géant du secteur du jeu vidéo, Electronic Arts a dévoilé sa vision pour le streaming agrémenté d’intelligence artificielle afin de créer « des mondes vivants, respirant, en constante évolution ».

Même qualité?

Michael Pachter, analyste chez Wedbush Securities, voit dans Amazon, Apple et Google des poids lourds potentiels du jeu vidéo en streaming étant donné leurs investissements d’envergure dans les centres de données fournissant des services en nuage à des millions de personnes.

Amazon dispose déjà des instruments nécessaires avec son cloud Amazon Web Services et avec Twitch, sa populaire plateforme de streaming de jeux vidéos.

Mais le défi est grand: offrir la même qualité de jeu que les consoles sur une plateforme internet hébergée sur des serveurs via un cloud. Il faut notamment que le transfert des données soit suffisamment rapide pour éviter des interruptions dans l’action ou une dégradation du graphisme.

L’amélioration de la bande passante sur internet, de la puissance de calcul et des capacités de stockage ont permis de développer des technologies qui changent les habitudes dans un secteur établi. Ainsi, le streaming peut modifier la façon dont les jeux sont créés et utilisés, explique Ubisoft.

Si ce nouvel Eldorado du jeu est susceptible de grignoter un peu sur les ventes de consoles, il devrait surtout élargir le nombre de joueurs potentiels à toute personne disposant d’une connexion à internet, selon des experts.

L’industrie du jeu vidéo a généré aux Etats-Unis un record de 43,4 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2018, soit un bond de 18% sur un an, d’après les données publiées par l’Entertainment Software Association (ESA) et le cabinet NPD.

« Console, PC et mobile ont tous connu une croissance importante, tandis que les parties du marché qui sont en train de se développer, comme les services d’abonnement et de streaming, ont commencé à nous donner une idée des opportunités pour l’avenir », a commenté Mat Piscatella, analyste chez NPD.

On connaissait déjà les avancées de Google en matière d’intelligence artificielle pour le grand public, notamment avec son spectaculaire Duplex, une fonctionnalité de Google Assistant qui permet de passer des appels à votre place pour réserver une table de restaurant ou un rendez-vous chez le coiffeur. En ce début d’année, c’est au tour des développeurs d’être chouchoutés par la firme de Mountain View avec trois nouveaux périphériques qui viennent d’être mis à leur disposition.

La filiale d’Alphabet a en effet levé le voile sur sa gamme Google Coral, qui réunit une carte de développement à 149,99 dollars, un accélérateur USB à 74,99 dollars et un appareil photo de 5 mégapixels à 24,99 dollars. Ces nouveaux outils sont désormais disponibles dans la boutique Coral de Google dans le cadre d’une version bêta ouverte. Cette semaine, le géant américain a également lancé la version alpha de TensorFlow 2.0, un outil très plébiscité par les développeurs pour créer des applications de machine learning. 

Les géants américains en opération séduction auprès des développeurs 

Cependant, aucun de ces nouveaux outils commercialisés par Google n’est conçu pour entraîner des algorithmes de machine learning. Cette tâche nécessite en effet des GPU, processeurs dédiés au traitement des données graphiques, ou une puissance de traitement plus conséquente dans le coud. Toutefois, grâce à l’apport des puces Edge TPU, conçues pour injecter de l’intelligence artificielle dans les objets connectés, la carte de développement et l’accélérateur USB présentés par Google permettent d’exécuter des modèles d’intelligence artificielle sans sur-solliciter les capacités des deux périphériques. 

Et pour cause, les puces TPU de Google fonctionnent de manière plus efficace sans avoir besoin d’une connexion Internet dédiée ou d’une source d’énergie importante. La carte de développement et l’accélérateur USB prennent en charge TensorFlow Lite, une version allégée du framework d’intelligence artificielle de Google conçue pour les appareils mobiles et les objets connectés. Quant à l’appareil photo, fabriqué par Omnivision, il s’agit d’un complément pour la carte de développement. 

Avant Google, Intel avait également proposé des produits similaires aux développeurs, à l’image de son accélérateur USB, le Neural Compute Stick, alimenté par Movidius. Des produits de ce calibre permettent à des géants comme Google de séduire la communauté des développeurs pour stimuler l’adoption de leurs autres services d’intelligence artificielle. Preuve de l’intérêt des mastodontes américains pour les développeurs, Microsoft avait frappé fort l’an passé en mettant la main sur GitHub, célèbre plateforme collaborative dédiée au partage de code source, pour 7,5 milliards de dollars. Cette acquisition a permis à la firme de Satya Nadella de s’offrir le plus gros écosystème de développeurs au monde.