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NetSuite: l’ERP des PME et ETI en forte croissance

⌚: 6 minutes

Le Cloud et la mondialisation des échanges permettent aux entreprises de taille moyenne de se développer plus vite que jamais tout en leur posant de sérieux problèmes. Comment peuvent-elles saisir ces opportunités de croissance avec des ressources limitées ? Sur sa conférence annuelle SuiteWorld, qui s’est tenue du 1er au 4 avril à Las Vegas, NetSuite a apporté quelques réponses. Entre autres choses, l’éditeur d’ERP en mode SaaS va s’appuyer sur ses partenaires ayant une expertise dans le domaine fiscal pour offrir un service de planification budgétaire. Il enrichit ses outils d’analyse et ses API, ainsi que sa SuiteSuccess préconfigurée et ses applications métiers verticales. A la suite de son acquisition par Oracle à l’été 2016, NetSuite s’est recentré sur les entreprises à croissance rapide dont le chiffre d’affaires se situe entre 1 et 200 millions de dollars, ou d’euros. L’éditeur américain, dont la solution de gestion a été directement lancée en mode SaaS à l’aube de l’an 2000, doit lui-même relever ses propres défis. Dopé par les ressources d’Oracle, il a enregistré une croissance de 30% depuis son rachat et il sert maintenant quelque 16 000 clients. Il lui faut évaluer, dans le très vaste portefeuille de solutions d’Oracle, quelles sont celles qu’il est judicieux d’adopter pour ses utilisateurs et, par ailleurs, comment étendre sa propre ligne de produits et offrir à ses clients en croissance rapide ce dont ils ont besoin sans les forcer à changer leurs façons d’acheter et d’utiliser leurs applications métiers.

Il y a également beaucoup d’attentes autour de l’écosystème de partenaires de NetSuite. Brent Leary, co-fondateur de la société de conseil CRM Essentials, estime qu’il y a effectivement dans ce domaine une marge de progression. « Alors qu’Oracle a aidé NetSuite à croître incroyablement vite, je ne pense pas qu’il dispose d’une marketplace de solutions tierces aussi robuste que celles que proposent d’autres fournisseurs », a-t-il confié à nos confrères de CIO. Salesforce est le parfait exemple d’un vendeur SaaS ayant un robuste écosystème de solutions tiers, mais M.Leary souligne que le périmètre des produits NetSuite et son focus midmarket le mettent en concurrence avec une grande variété de fournisseurs, depuis les éditeurs de logiciels e-commerce comme Magento et Shopify jusqu’aux grands acteurs de l’ERP tels que SAP et Microsoft.

NetSuite connecté à 7 solutions de gestion des taxes

Si le fort développement de NetSuite l’a confronté à de nouveaux défis, son acquisition par Oracle l’a aussi aidé à toucher plus précisément son coeur de cible, estime pour sa part le fondateur de l’entreprise, Evan Goldberg, désormais vice-président exécutif de l’activité mondiale de NetSuite. « Nous nous adressions à différentes cibles », a-t-il reconnu lors d’un entretien en amont de SuiteWorld. L’éditeur cherchait tout à la fois à viser de grandes entreprises, tout en maintenant sa position sur le mid-market. « Et c’était un vrai challenge. Maintenant, Oracle nous a réellement dirigé vers le segment des entreprises de taille moyenne en forte croissance et sur l’énorme marché qui existe entre les solutions packagées des grands acteurs de l’ERP et les services d’entrée de gamme comme ceux de QuickBooks ». Mais ces opportunités s’accompagnent aussi de leurs difficultés,  souligne également Evan Goldberg. « Les entreprises s’internationalisent plus vite qu’auparavant et elles sont aussi devenues plus complexes, elles font donc face à un double problème : elles ont moins de ressources et c’est plus compliqué que jamais », résume le fondateur de NetSuite.

Pour accompagner ses clients sur les questions de fiscalité à travers le monde, l’éditeur américain a développé l’API SuiteTax et présenté des partenariats avec 7 éditeurs de solutions de gestion des taxes, dont Thomson Reuters. C’est l’une des façons choisies pour étendre sa suite logicielle. « Nous ajoutons une interface REST à NetSuite qui permettra à davantage de partenaires de bâtir des intégrations plus étroites », a commenté M.Goldberg.

SuiteAnalytics apporte des capacités de table pivot

L’ajout le plus important fait au coeur de la famille NetSuite est SuiteAnalytics, qui a été également dévoilé sur la conférence SuiteWorld. « Nous travaillons depuis 5 ou 6 ans dessus, en repartant de zéro pour concevoir la façon d’interroger, d’analyser et de visualiser les données », a expliqué le vice-président exécutif. Même si NetSuite a toujours proposé une grande variété d’outils dans ce domaine, les utilisateurs qui voulaient aller plus loin dans l’analyse et la visualisation de leurs données procédaient souvent à des extractions vers Excel, par exemple, pour faire des tables pivots. Désormais, NetSuite propose d’origine ce type de capacités.

Par ailleurs, l’un des premiers grands projets mettant en oeuvre les logiciels d’Oracle pour NetSuite a débouché sur une version de PBCS – Planning and Budgeting Cloud Service – pour la SuiteSuccess. L’ensemble des fonctionnalités de BPCS est en cours de déploiement pour fonctionner avec NetSuite, avec l’ajout de modèles pour aider les entreprises de taille moyenne à les adopter. Ces modèles sont disponibles pour les principaux verticaux de NetSuite, incluant les secteurs du manufacturing et de la logistique d’entrepôt, les agences de marketing et de publicité, les éditeurs de logiciels, la distribution de détail (retail), le secteur des services et les organisations à but non lucratif.

Hammitt et Kiva se tournent vers NetSuite pour l’intégration

NetSuite est conçu comme une suite applicative intégrée couvrant la majorité des processus métiers des entreprises de taille moyenne. Mais les clients ont tout de même besoin d’extensions pour couvrir des besoins spécifiques. SuiteTalk permet aux clients et aux développeurs d’intégrer le logiciel avec de nombreuses applications, mais d’autres clients approchent la question différemment. « Je crois en le « best of breed » : NetSuite constitue le coeur de gestion de notre entreprise mais, lorsque j’ai besoin d’une solution particulière, s’il s’agit d’un logiciel tiers que je peux raccorder, je le fais », explique ainsi Tony Drockton, CEO du fabricant de sacs à main de luxe Hammitt. La pile logicielle utilisée par Hammitt est entièrement gérée dans le cloud et la société ne dispose que d’une personne à l’IT sur un effectif total de 30 employés. Jusqu’à présent, Hammitt a recouru à des intégrateurs comme FarApp ou Celigo pour bâtir ses intégration avec NetSuite. Mais après avoir vu son chiffre d’affaires augmenter sur un rythme de 40% au cours de ces dernières années, et de 50% cette année, le fabricant a modifié son approche. « L’an dernier, NetSuite a vraiment renforcé son support interne. Nous sommes donc en train de finaliser le rapatriement des tâches d’intégration au sein de l’équipe NetSuite, parce que maintenant que nous pouvons nous le permettre, et c’est un point important, nous voulons aller plus vite et c’est plus logique de travailler directement avec les personnes qui sont en interne », a indiqué Tony Drockton, à nos confrères de CIO.

Un autre exemple s’illustre à travers Kiva, une organisation à but non lucratif de 200 personnes qui propose des micro-crédits à des particuliers dans les pays en développement. Son équipe d’ingénierie compte 40 personnes et jusqu’à récemment, elle combinait ses propres compétences et les intégrations pré-construites par les partenaires de NetSuite comme Adaptive (spécialisé dans la planification budgétaire) ou Concur (gestion des dépenses). « Nous avons des ingénieurs très qualifiés dans notre équipe et l’intégration avec NetSuite est assez facile pour eux », a expliqué la directeur financière de Kiva, Pamela Connealy. « Mais nous tirons aussi parti des intégrations pré-réalisées par Concur et Adaptive, c’est donc moins problématique que si nous devions réaliser l’intégration avec quelque obscure application de manufacturing. Même si nous avons les compétences chez Kiva pour le faire, nous essayons de le simplifier autant que possible ». Pamela Connealy souhaite maintenant que les développeurs maison se concentrent sur des applications Kiva. « J’ai recommandé de sortir des développements liées aux applications financières et de s’appuyer davantage sur NetSuite et son équipe pour réaliser pour nous l’intégration de fonctionnalités », a-t-elle précisé.

Un service de benchmarking avec Brainyard

Parallèlement au renforcement de ses offres d’intégration, NetSuite vient aussi de lancer Brainyard, un service de benchmarking qui fournit des conseils et recherche des données permettant aux entreprises de se comparer à d’autres dans leur secteur. A l’avenir, NetSuite aimerait le compléter de données anonymisées de ses propres clients, fournies sur un mode opt-in, afin que chacun puisse apprendre des autres. Il combinerait ces données avec des capacités d’apprentissage machine venant d’Oracle pour offrir des analyses automatisées.

La première arrivée de fonctionnalités d’intelligence artificielle dans NetSuite devrait se faire sur l’année en cours, avec une fonctionnalité de tour de contrôle pour la supply chain. Cette dernière sera destinée à prédire quelles commandes sont en train de prendre du retard, afin de signaler les commandes affectées et proposer des solutions pour y remédier. Les différentes initiatives que NetSuite met en place sont destinées à lui permettre de tenir la cadence face aux besoins croissants de sa base installée. « Les entreprises sont complexes même lorsqu’elles réalisent moins d’un million de dollars de chiffre d’affaires et nous avons l’intention de les garder sur NetSuite bien au-delà de ce seuil », affirme le fondateur de l’éditeur, Evan Goldberg. « La philosophie est différente par rapport au moment où j’ai démarré l’édition de logiciels », constate-t-il. A l’époque, se souvient-il, les éditeurs décidaient de développer de bons produits, l’un après l’autre. « Ce n’est plus comme ça aujourd’hui, nous n’offrons pas un produit, nous offrons un service. Il nous faut donc chaque jour gagner le client ».

« L’Intelligence Artificielle prend le pouvoir ». La formule d’un porte parole d’Oracle France résume parfaitement l’esprit des très nombreuses annonces produits faites cette semaine lors du Modern Business Experience de Las Vegas.

Oracle a en effet mis des (gros) bouts d’AI dans pratiquement toutes ses solutions SaaS.

Dans l’ERP

Dans son ERP cloud, Oracle a par exemple amélioré l’assistant de notes de frais – un bot dévoilé à l’OpenWorld 2018 mais qui a été mis à jour.

« Il simplifie le traitement en créant, classant et appariant automatiquement les types de dépenses. Les utilisateurs peuvent interagir avec l’assistant via une interface vocale, ou simplement en envoyant à ce dernier des images de reçus par e-mail, SMS, Slack ou Microsoft Teams. L’assistant utilise le Machine Learning pour améliorer la classification automatique des types de dépenses, surveiller les violations de politiques et réduire les risques d’audits », explique l’éditeur.

Dans le contrôle financier, une analyse continue des transactions, des paramétrages et des configurations, automatise les audits et aide à prévenir les fuites financières. « Des algorithmes examinent les changements de configuration et les transactions critiques par rapport à une bibliothèque de règles éprouvées pour repérer les correspondances suspectes, détecter des anomalies, etc. Cette approche utilise des techniques de Data Science pour permettre de diriger les incidents vers les analystes à des fins de suivi, d’enquête et de clôture », vante Oracle.

Dans la brique Supply Chain, l’IA (via le rachat de DataFox) enrichit, catégorise et score les profils des fournisseurs avec des données validées issues de sources diverses actualisées en quasi temps réel (articles de presse, communiqués, communications financières officielles, etc.).

La planification de projet bénéficie également à présent d’un assistant à base d’AI. Ce bot fournit des mises à jour instantanées de l’état du projet et permet aux utilisateurs d’actualiser le temps et la progression des tâches. « Cet assistant apprend à partir des saisies de temps passées, des données de planification de projet et du contexte général pour adapter les interactions et capturer intelligemment les informations critiques du projet ».

La sécurité n’est pas en reste puisque l’ERP utilise l’analyse graphique pour évaluer les violations cachées dans des configurations de sécurité complexes, récursives et dynamiques grâce à l’IA.

Dans Oracle SCM Cloud

Dans son outil spécialement dédié à la chaine d’approvisionnement (Oracle SCM), Oracle a là encore infusé une bonne dose d’Intelligence Artificielle avec l’arrivée de deux nouveautés.

La première, Oracle Service Logistics Cloud, automatise la connexion entre les équipes du service clients et les équipes d’intervention sur le terrain. « Cette connexion permet au service clients de commander les pièces directement depuis une demande d’intervention, de coordonner leur livraison rapide au bon endroit et au bon moment », précise Oracle.Project-Driven Supply Chain Cloud pour sa part est une fonctionnalité qui automatise le suivi des attributs des projets et des coûts associés dès le bon de commande initial pour améliorer la précision et la rapidité de facturation de l’exécution des projets.

Dans le SIRH

Pas assez d’AI pour vous ? Qu’à cela ne tienne. En rab, Oracle en a aussi mis une bonne dose dans son HCM avec un nouveau bot. Les assistants adossés à Oracle HCM Cloud sont évidemment utilisables en libre-service que ce soit par SMS, par la voix ou via IM sur mobiles ou sur le bureau. « Les utilisateurs peuvent obtenir des réponses aux questions RH les plus courantes qui peuvent être posées de milliers de façons différentes, qu’il s’agisse des congés disponibles, des prestations sociales, de l’explication de la fiche de paye, de l’intégration d’un nouveau collaborateur ou encore des évaluations de performance ».

Le SIRH en mode SaaS intègre par ailleurs de nouvelles capacités de planification du personnel à base de Machine Learning qui analysent les disponibilités et la demande par catégories clés (personne, poste, compétences), pour constituer des équipes de manière plus optimales, « proactive et data driven ».

Dans le CRM

La gamme CX n’échappe pas à ce bouillon d’AI, avec deux annonces CRM.

La planification des ventes (Sales Planning Solution) va utiliser l’analyse prédictive pour planifier plus intelligemment les opérations commerciales et, espère Oracle, « augmenter la génération de revenus pour les équipes de vente ».

La deuxième annonce concerne une fonctionnalité baptisée « Smart Data ». Cette fonctionnalité vise à accélérer la création de comptes en enrichissant, validant et standardisant les informations de l’entreprise prospect lors de leur saisie.

DataFox

Cerise sur le gâteau pour terminer ce menu très Intelligence Artificielle servi par Oracle à Las Vegas, l’éditeur a souligné l’intérêt du rachat de DataFox en présentant trois intégrations.

La première est celle décrite plus haut dans l’ERP (scoring des fournisseurs).

La deuxième est une intégration de ces flux de données dans CX Cloud (en plus de Smart Data). « Les données et les signaux dynamiques et contextuels fournis par DataFox aident les commerciaux à élargir leur marché adressable en identifiant les prospects qui ne se trouvent pas dans leurs systèmes actuels à l’aide des critères Ideal Customer Profile (ICP) ».

Enfin, DataFox nourrit également Eloqua (Oracle Marketing Cloud) pour fournir aux spécialistes du marketing « une connaissance inédite du firmographe (NDR : ou firmographics, éléments clef de description d’une société comme la taille, sa localisation, son domaine, etc.) et du comportement des comptes ».

IA pré-cuisinée ou IA fait-maison : il faut choisir

A l’OpenWorld 2018, et dans la foulée du Machine Learning appliqué à la base de données (Autonomous Database), Larry Ellison avait promis l’arrivée massive de l’IA dans le SaaS d’Oracle.

L’éditeur semble tenir parole.

Il est toujours possible – nous a confirmé Oracle France – de ne pas utiliser ces fonctions « intelligentes » intégrées et de choisir d’appliquer directement une autre IA (Watson par exemple) ou des algorithmes maisons à la base de données qui sous-tend l’application. Ce n’est pas ce que recommande Oracle mais, sur le papier en tout cas, cela reste possible pour garder la main sur son patrimoine algorithmique.

Mais la facilité d’une simple activation dans le SaaS – et Oracle dira la puissance de sa R&D et de l’expérience de ses nombreux clients – fait que cette option du développé maison, aussi séduisante soit-elle d’un point de vue stratégique, devient de moins en moins attirante d’un point de vue pratique.

Le débat sur la portabilité de l’apprentissage des algorithmes, du client captif dans le Machine Learning, du fait maison ou de l’externalisé, devient en tout cas de plus en plus cornélien pour les entreprises clientes.

SAP ambitionne de doubler sa capitalisation boursière d’ici 4 ans

⌚: 2 minutes

L’allemand SAP, numéro un européen des logiciels professionnels, veut doubler sa valeur en Bourse d’ici 2023 pour la porter entre 250 et 300 milliards d’euros, a déclaré son président du directoire, Bill McDermott, dans une interview publiée jeudi par le journal Frankfurter Allgemeine Zeitung.

« Si on se base sur la valeur de marché des fournisseurs exclusifs de services cloud, nous disposons dans notre portefeuille d’un potentiel de 90 milliards d’euros supplémentaires de valeur boursière », dit Bill McDermott, en affirmant que la capitalisation boursière de SAP est passée de 45 milliards d’euros à son arrivée à la tête du groupe en 2010 à 140 milliards désormais.

« D’ici 2023, nous prévoyons de porter la capitalisation boursière entre 250 et 300 milliards d’euros », ajoute-t-il.

Au cours de clôture de mercredi, SAP affichait la plus grande capitalisation des entreprises allemandes avec une valeur de 122,35 milliards d’euros. Le groupe s’est lancé en janvier dans une restructuration qui devrait se traduire par 4.400 suppressions d’emplois, Bill McDermott souhaitant en faire une plate-forme numérique à destination des professionnels via l’informatique dématérialisée. L’annonce de cette réorganisation a été suivie par une vague de départs parmi les dirigeants ou cadres du groupe. Dans son interview au Frankfurter Allgemeine Zeitung, Bill McDermott déclare que cette restructuration va permettre à SAP de redéployer ses effectifs vers les activités en croissance, notamment celles liées à l’intelligence artificielle ou à l’internet des objets.

« En outre, nous plaçons chaque unité opérationnelle sous surveillance », dit-il.

En termes de capitalisation boursière, SAP reste largement distancé par son grand rival américain Oracle, qui affiche une valeur de 184,45 milliards de dollars (163,43 milliards d’euros), sans parler des géants des services dématérialisés comme Microsoft (922 milliards de dollars). Bill McDermott s’est engagé à tripler la taille des activités de SAP dans le « cloud » d’ici 2023 pour porter le chiffre d’affaires total du groupe à 35 milliards d’euros. (Caroline Copley Bertrand Boucey pour le service français)