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Le cloud et la mondialisation des échanges permettent aux entreprises de taille moyenne de se développer plus vite que jamais tout en leur posant de sérieux problèmes. Comment peuvent-elles saisir ces opportunités de croissance avec des ressources limitées ? Sur sa conférence annuelle SuiteWorld, qui s’est tenue du 1er au 4 avril à Las Vegas, NetSuite a apporté quelques réponses. Entre autres choses, l’éditeur d’ERP en mode SaaS va s’appuyer sur ses partenaires ayant une expertise dans le domaine fiscal pour offrir un service de planification budgétaire. Il enrichit ses outils d’analyse et ses API, ainsi que sa SuiteSuccess préconfigurée et ses applications métiers verticales. A la suite de son acquisition par Oracle à l’été 2016, NetSuite s’est recentré sur les entreprises à croissance rapide dont le chiffre d’affaires se situe entre 1 et 200 millions de dollars, ou d’euros. L’éditeur américain, dont la solution de gestion a été directement lancée en mode SaaS à l’aube de l’an 2000, doit lui-même relever ses propres défis. Dopé par les ressources d’Oracle, il a enregistré une croissance de 30% depuis son rachat et il sert maintenant quelque 16 000 clients. Il lui faut évaluer, dans le très vaste portefeuille de solutions d’Oracle, quelles sont celles qu’il est judicieux d’adopter pour ses utilisateurs et, par ailleurs, comment étendre sa propre ligne de produits et offrir à ses clients en croissance rapide ce dont ils ont besoin sans les forcer à changer leurs façons d’acheter et d’utiliser leurs applications métiers.

Il y a également beaucoup d’attentes autour de l’écosystème de partenaires de NetSuite. Brent Leary, co-fondateur de la société de conseil CRM Essentials, estime qu’il y a effectivement dans ce domaine une marge de progression. « Alors qu’Oracle a aidé NetSuite à croître incroyablement vite, je ne pense pas qu’il dispose d’une marketplace de solutions tierces aussi robuste que celles que proposent d’autres fournisseurs », a-t-il confié à nos confrères de CIO. Salesforce est le parfait exemple d’un vendeur SaaS ayant un robuste écosystème de solutions tiers, mais M.Leary souligne que le périmètre des produits NetSuite et son focus midmarket le mettent en concurrence avec une grande variété de fournisseurs, depuis les éditeurs de logiciels e-commerce comme Magento et Shopify jusqu’aux grands acteurs de l’ERP tels que SAP et Microsoft.

NetSuite connecté à 7 solutions de gestion des taxes

Si le fort développement de NetSuite l’a confronté à de nouveaux défis, son acquisition par Oracle l’a aussi aidé à toucher plus précisément son coeur de cible, estime pour sa part le fondateur de l’entreprise, Evan Goldberg, désormais vice-président exécutif de l’activité mondiale de NetSuite. « Nous nous adressions à différentes cibles », a-t-il reconnu lors d’un entretien en amont de SuiteWorld. L’éditeur cherchait tout à la fois à viser de grandes entreprises, tout en maintenant sa position sur le mid-market. « Et c’était un vrai challenge. Maintenant, Oracle nous a réellement dirigé vers le segment des entreprises de taille moyenne en forte croissance et sur l’énorme marché qui existe entre les solutions packagées des grands acteurs de l’ERP et les services d’entrée de gamme comme ceux de QuickBooks ». Mais ces opportunités s’accompagnent aussi de leurs difficultés,  souligne également Evan Goldberg. « Les entreprises s’internationalisent plus vite qu’auparavant et elles sont aussi devenues plus complexes, elles font donc face à un double problème : elles ont moins de ressources et c’est plus compliqué que jamais », résume le fondateur de NetSuite.

Pour accompagner ses clients sur les questions de fiscalité à travers le monde, l’éditeur américain a développé l’API SuiteTax et présenté la semaine dernière des partenariats avec 7 éditeurs de solutions de gestion des taxes, dont Thomson Reuters. C’est l’une des façons choisies pour étendre sa suite logicielle. « Nous ajoutons une interface REST à NetSuite qui permettra à davantage de partenaires de bâtir des intégrations plus étroites », a commenté M.Goldberg.

SuiteAnalytics apporte des capacités de table pivot

L’ajout le plus important fait au coeur de la famille NetSuite est SuiteAnalytics, qui a été également dévoilé sur la conférence SuiteWorld. « Nous travaillons depuis 5 ou 6 ans dessus, en repartant de zéro pour concevoir la façon d’interroger, d’analyser et de visualiser les données », a expliqué le vice-président exécutif. Même si NetSuite a toujours proposé une grande variété d’outils dans ce domaine, les utilisateurs qui voulaient aller plus loin dans l’analyse et la visualisation de leurs données procédaient souvent à des extractions vers Excel, par exemple, pour faire des tables pivots. Désormais, NetSuite propose d’origine ce type de capacités.

Par ailleurs, l’un des premiers grands projets mettant en oeuvre les logiciels d’Oracle pour NetSuite a débouché sur une version de PBCS – Planning and Budgeting Cloud Service – pour la SuiteSuccess. L’ensemble des fonctionnalités de BPCS est en cours de déploiement pour fonctionner avec NetSuite, avec l’ajout de modèles pour aider les entreprises de taille moyenne à les adopter. Ces modèles sont disponibles pour les principaux verticaux de NetSuite, incluant les secteurs du manufacturing et de la logistique d’entrepôt, les agences de marketing et de publicité, les éditeurs de logiciels, la distribution de détail (retail), le secteur des services et les organisations à but non lucratif.

Hammitt et Kiva se tournent vers NetSuite pour l’intégration

NetSuite est conçu comme une suite applicative intégrée couvrant la majorité des processus métiers des entreprises de taille moyenne. Mais les clients ont tout de même besoin d’extensions pour couvrir des besoins spécifiques. SuiteTalk permet aux clients et aux développeurs d’intégrer le logiciel avec de nombreuses applications, mais d’autres clients approchent la question différemment. « Je crois en le « best of breed » : NetSuite constitue le coeur de gestion de notre entreprise mais, lorsque j’ai besoin d’une solution particulière, s’il s’agit d’un logiciel tiers que je peux raccorder, je le fais », explique ainsi Tony Drockton, CEO du fabricant de sacs à main de luxe Hammitt. La pile logicielle utilisée par Hammitt est entièrement gérée dans le cloud et la société ne dispose que d’une personne à l’IT sur un effectif total de 30 employés. Jusqu’à présent, Hammitt a recouru à des intégrateurs comme FarApp ou Celigo pour bâtir ses intégration avec NetSuite. Mais après avoir vu son chiffre d’affaires sur un rythme de 40% au cours de ces dernières années, et de 50% cette année, le fabricant a modifié son approche. « L’an dernier, NetSuite a vraiment renforcé son support interne. Nous sommes donc en train de finaliser le rapatriement des tâches d’intégration au sein de l’équipe NetSuite, parce que maintenant que nous pouvons nous le permettre, et c’est un point important, nous voulons aller plus vite et c’est plus logique de travailler directement avec les personnes qui sont en interne », a indiqué Tony Drockton, à nos confrères de CIO.

Un autre exemple s’illustre à travers Kiva, une organisation à but non lucratif de 200 personnes qui propose des micro-crédits à des particuliers dans les pays en développement. Son équipe d’ingénierie compte 40 personnes et jusqu’à récemment, elle combinait ses propres compétences et les intégrations pré-construites par les partenaires de NetSuite comme Adaptive (spécialisé dans la planification budgétaire) ou Concur (gestion des dépenses). « Nous avons des ingénieurs très qualifiés dans notre équipe et l’intégration avec NetSuite est assez facile pour eux », a expliqué la directeur financière de Kiva, Pamela Connealy. « Mais nous tirons aussi parti des intégrations pré-réalisées par Concur et Adaptive, c’est donc moins problématique que si nous devions réaliser l’intégration avec quelque obscure application de manufacturing. Même si nous avons les compétences chez Kiva pour le faire, nous essayons de le simplifier autant que possible ». Pamela Connealy souhaite maintenant que les développeurs maison se concentrent sur des applications Kiva. « J’ai recommandé de sortir des développements liées aux applications financières et de s’appuyer davantage sur NetSuite et son équipe pour réaliser pour nous l’intégration de fonctionnalités », a-t-elle précisé.

Un service de benchmarking avec Brainyard

Parallèlement au renforcement de ses offres d’intégration, NetSuite vient aussi de lancer Brainyard, un service de benchmarking qui fournit des conseils et recherche des données permettant aux entreprises de se comparer à d’autres dans leur secteur. A l’avenir, NetSuite aimerait le compléter de données anonymisées de ses propres clients, fournies sur un mode opt-in, afin que chacun puisse apprendre des autres. Il combinerait ces données avec des capacités d’apprentissage machine venant d’Oracle pour offrir des analyses automatisées.

La première arrivée de fonctionnalités d’intelligence artificielle dans NetSuite devrait se faire sur l’année en cours, avec une fonctionnalité de tour de contrôle pour la supply chain. Cette dernière sera destinée à prédire quelles commandes sont en train de prendre du retard, afin de signaler les commandes affectées et proposer des solutions pour y remédier. Les différentes initiatives que NetSuite met en place sont destinées à lui permettre de tenir la cadence face aux besoins croissants de sa base installée. « Les entreprises sont complexes même lorsqu’elles réalisent moins d’un million de dollars de chiffre d’affaires et nous avons l’intention de les garder sur NetSuite bien au-delà de ce seuil », affirme le fondateur de l’éditeur, Evan Goldberg. « La philosophie est différente par rapport au moment où j’ai démarré l’édition de logiciels », constate-t-il. A l’époque, se souvient-il, les éditeurs décidaient de développer de bons produits, l’un après l’autre. « Ce n’est plus comme ça aujourd’hui, nous n’offrons pas un produit, nous offrons un service. Il nous faut donc chaque jour gagner le client ».